Solstice d’hiver

« Nous approchons du seuil de l’hiver. 

La vie est tirée dans le sol, descendant avec indolence dans le coeur d’elle-même. 

Et nous humains animaux naturels sommes appelés à faire de même, l’appel à descendre dans nos corps, dans le sommeil, l’obscurité et les profondeurs de nos propres caves nous entraînant immuablement dans notre moelle.

Mais beaucoup trouvent la descente dans leur propre corps effrayante, craignant les émotions ignorées et les évènements passés qu’ils ont remisées dans un coin sombre d’eux-mêmes, ne voulant pas faire face à ce qu’ils ont soigneusement et durement évités.

L’époque du solstice d’hiver n’est plus célébrée comme elle l’a été, avec la compréhension que cette période de descente dans sa propre noirceur est absolument nécessaire à trouver sa lumière. Cette liberté authentique naît d’accepter grâce au pardon et à l’amour ce par quoi nous sommes passés, et à vaincre l’entrave que le passé a sur nous, rapportant à la surface les trésors précieux de nos cavités les plus noires. 

C’est un temps de repos et de réflexion profonde, un temps pour essuyer l’ardoise et effacer l’ancien afin de pouvoir marcher vers le printemps, prêts à grandir et à sauter sans une montagne poussiéreuse sur le dos et des chaînes autour des chevilles nous attachant aux caves de notre âme. Un temps pour la médecine de l’histoire, du feu, de la nourriture et de l’amour.

Une période de reconnection, de ré-apprentissage et de retrouvailles avec ce que cette saison signifie, l’hiver comme un temps de douceur, d’amour, de renaissance, de paix, et d’allègement, plutôt qu’un temps redouté, déprimant et à éviter. 

La culture moderne enseigne l’évitement au maximum à cette période : alcool, lumières, shopping, surmenage, dépenses inconsidérées, mauvaise nourriture et consumérisme.

Et cependant l’appel à rentrer en soi est si puissant pour quasi toutes les créatures que beaucoup de personnes ont l’impression que quelque chose ne va pas chez eux, que l’hiver est cruel et les laisse avec des sentiments d’abandon et de peur. Alors même que l’hiver est si doux, qu’il nous invite avec patience et calme à rentrer en nous, vers l’obscurité et la mort potentielle de ce que nous étions. Cette traversée, menée avec attention, est essentielle. 

Elle est comme un puissant enseignant qui nous demande d’éveiller notre Ancien ou thérapeute intérieur, nous soutenant avec l’appui du pardon et nous permettant de faire nos deuils, de pleurer, d’enrager, de rire, et de faire face à ce dont nous avons besoin pour nous libérer des liens barbelés entourant nos coeurs, afin de s’ouvrir à la guérison et à la lumière sans être submergés. 

 L’hiver enlève les distractions et le bruit, et nous présente le temps parfait pour se reposer et se retirer dans la matrice avec amour, apportant chaleur et lumière dans nos coeurs. »

illustration de Jessica Boehman•
•Texte original de Brigit Anna McNeill• •Traduction de Julie Clément•

 

Publication originale

Texte original :

We are approaching the threshold of winter.
Life is being drawn into the earth, painlessly descending down into the very heart of herself. 
And we as natural human animals are being called to do the same, the pull to descend into our bodies, into sleep, darkness and the depths of our own inner caves continually tugging at our marrow. 
But many find the descent into their own body a scary thing indeed, fearing the unmet emotions and past events that they have stored in the dark caves inside themselves, not wanting to face what they have so carefully and unkindly avoided. 
This winter solstice time is no longer celebrated as it once was, with the understanding that this period of descent into our own darkness was so necessary in order to find our light. That true freedom comes from accepting with forgiveness and love what we have been through and vanquishing the hold it has on us, bringing the golden treasure back from the cave of our darker depths.
This is a time of rest and deep reflection, a time to wipe the slate clean as it were and clear out the old so you can walk into spring feeling ready to grow and skip without a dusty mountain on your back & chains around your ankles tied to the caves in your soul. 
A time for the medicine of story, of fire, of nourishment and love.
A period of reconnecting, relearning & reclaiming of what this time means brings winter back to a time of kindness, love, rebirth, peace and unburdening instead of a time of dread, fear, depression and avoidance. 
This modern culture teaches avoidance at a max at this time; alcohol, lights, shopping, overworking, over spending, bad food and consumerism. 
And yet the natural tug to go inwards as nearly all creatures are doing is strong and people are left feeling as if there is something wrong with them, that winter is cruel and leaves them feeling abandoned and afraid. Whereas in actual fact winter is so kind, yes she points us in her quiet soft way towards our inner self, towards the darkness and potential death of what we were, but this journey if held with care is essential.
She is like a strong teacher that asks you to awaken your inner loving elder or therapist, holding yourself with awareness of forgiveness and allowing yourself to grieve, to cry, rage, laugh, & face what we need to face in order to be freed from the jagged bonds we wrapped around our hearts, in order to reach a place of healing & light without going into overwhelm. 
Winter takes away the distractions, the noise and presents us with the perfect time to rest and withdraw into a womb like love, bringing fire & light to our hearth.
Winter takes away the distractions, the noise and presents us with the perfect time to rest and withdraw into a womb like love, bringing fire & light to our hearth.

•illustration by Jessica Boehman•
•words Brigit Anna McNeill•

Illustration de Jessica Broehman