Retour du séminaire Seiki 2019 au Japon

Nous étions 33 à nous retrouver à la gare centrale de Kyoto, plateforme 30-31, un doux mardi de septembre 2019 à 13h : du Japon, de France, d’Italie, de Suisse, de Belgique, d’Allemagne, d’Ecosse, d’Angleterre, d’Autriche, d’Espagne, de Turquie… 21 femmes, 12 hommes. Tant de possibilités.

Akinobu Kishi Sensei lors de son dernier séminaire Seiki au Japon en 2011 / © Catherine Dompas

C’était le 8è séminaire Seiki au Japon, une tradition lancée par Akinobu Kishi Sensei en 1981 pour permettre à ses étudiants européens de découvrir le Japon originel, ses traditions et sa culture, la pratique du shintô, la nourriture, les temples, les sanctuaires, la nature, les arts… pour se plonger authentiquement dans un pays dont tant parlent et s’inspirent mais avec lequel peu se connectent véritablement.

Kishi Sensei nous ayant quittés en 2012, sa veuve Kyoko Sensei nous a fait l’honneur de restaurer la tradition 7 ans après le décès de son époux.

Nous étions donc 33, 3 organisateurs et 30 privilégiés. Nous savions que c’était la chance d’une vie de participer à ce voyage, à cette expérience dans des conditions exceptionnelles, invités et attendus dans des lieux que même la plupart des nippons ont oublié ou auxquels l’accès est limité et réservé à des membres.

Au delà de la beauté naturelle du pays, des paysages, de la qualité de la nourriture, de la gentillesse et de la courtoisie extraordinaire de ses habitants… j’ai envie de partager mon expérience d’un point de vue très personnel, à travers l’expérience de Seiki, ce que la pratique en sa terre d’origine m’a apportée, ce que cette exploration a changé dans ma manière de la vivre et de la transmettre au quotidien.

C’est quoi Seiki ?

Seiki est si vaste qu’il est difficile à définir. Seiki n’est pas une nouvelle technique de shiatsu, bien que… à chacun d’y faire son chemin.

Après quelques années de pratique, je vois en Seiki une recherche, celle de la mère de toutes les thérapies guidées par la compassion, manuelles et non. Seiki est la simplicité, l’évidence, le « honest touch », le toucher sincère et empathique d’humain à humain, un partage qui enrichit les 2 parties, la rencontre de kokoro à kokoro, comme disent les japonais, Ishin-Denshin, on pourrait dire de coeur-âme à coeur-âme. La rencontre sincère et ouverte soigne, alors que les frontières entre 2 consciences individuelles s’effacent ou que l’on ne sait plus qui donne et qui reçoit. Kyoko Sensei dit, « Alone And Together feeling ». Seiki est aussi éminemment pragmatique, et se base sur l’observation et la pratique avant la théorie.

En découvrant Seiki, j’ai observé que j’avais tant de murs en moi, si familiers qu’ils m’étaient devenus invisibles. Pratiquer Seiki c’est apprendre à voir ses limites, les reconnaître et continuer à se présenter au-delà. Avec la respiration des espaces de transition s’ouvrent et permettent le changement. Kishi disait, « Only looking is enough« , « Juste regarder est suffisant ». Se poser, attentif, accueillir ce qui se présente, laisser faire ou faire sans faire.

Il y a pour certains quelque chose de mystique dans la pratique de Seiki, comme tout ce qui nous offre une reconnexion à l’infini et un élargissement de conscience. C’est enivrant, libérateur. « Derrière les nuages il y a toujours le ciel bleu. », disait Kishi.

La Jinja principale au Motoise Naigu shintô shrine

Les pratiquants de méditation savent de quoi je parle, ils ont appris à observer avec équanimité, à se poser en simple témoin des manifestions de la vie à chaque instant. C’est suffisant pour participer activement à sa magie. La conscience de ce perpétuel changement transforme, la présence détache l’observateur du drame et apaise l’émotionnel, le mental se calme et la vision se clarifie.

Ainsi, Seiki c’est de la méditation à deux, tout du moins à plus d’un autant qu’avec soi-même, seul et ensemble. Ça peut être aussi moi et moi, moi et le chat, moi et l’arbre, moi et la rivière… Moi et l’autre, et l’autre devient moi.

Kyoko Sensei dit, « Seiki is shintô practice. » Seiki c’est la pratique du shintô. Je me rappelle avoir lu dans Shintô, Sagesse et Pratique de Motohisa Yamakage, alors que je commençais à m’intéresser à la religion traditionnelle japonaise, que l’on pourrait demander à mille prêtres shintô au Japon une définition du shintô, on obtiendrait mille définitions différentes. Pour un occidental cela n’a aucun sens. Pour un japonais ça semble ne poser aucun problème. Après mon expérience au Japon, ma définition du shintô en cet instant serait, « une invitation à observer ma propre nature à travers la nature, dans une recherche de paix et d’harmonie. » Ça pourrait aussi être quelque chose du style, « Qui suis-Je? »

Selon la pensée shintô, Dieu est la nature nous confie Kyoko. À l’origine du shintô, pas de sanctuaire en bâti, mais des cercles de pierre, des arbres sacrés, le soleil, la lune et les mouvements de la vie des plus grands aux plus infimes à observer et desquels apprendre, dans lesquels se refléter, se miroiter, apprendre à voir et à écouter.

Comment je vis Seiki

Avant le cours d’Aïkido au sanctuaire Oomoto, Kameoka, préfecture de Kyoto

Seiki est un mouvement libre principalement développé en Europe, sans fédération officielle ni structure légale, et je suis favorable à ce qu’il le reste. Le coeur de Seiki est invisible pour les yeux, il est dans les silences, entre les mots et entre les lignes, dans l’espace et l’infini. C’est ce qui le rend à la fois si doux et si puissant.

Seiki n’est pas un diplôme ni une marque déposée, et ne peut pas s’apprendre dans les livres. C’est une culture essentiellement orale, qui se transmet lors d’ateliers et espaces d’échanges. Selon la tradition ouverte par Kishi Sensei, tout le monde est bienvenu sans pré-requis dans les workshops. C’est un partage, une initiation, autant qu’une recherche, une direction, une voie. Un jour on a demandé à Kishi Sensei combien de workshops étaient nécessaires pour bien apprendre Seiki, il a répondu, « One is enough », « Un est suffisant. » Pas de degrés, pas de niveau, venir et participer, jouer le jeu comme on peut est suffisant. Chacun arrive et repart libre. Puis toute une vie et chaque instant pour pratiquer. Pas de maître, une Sensei actuellement, Kyoko Kishi. Une source : l’observation de la nature.

Selon Frans Copers, « Seiki est une découverte, de capacités que tout le monde a et que l’on a oublié, c’est une recherche, ça veut dire que ça change tout le temps, et c’est un développement. Alors le seiki c’est impossible à définir. »

Seiki change de forme et évolue avec chacun, mais ses bases restent les mêmes : observer intensément et ouvertement avant d’éventuellement faire, sans volonté. Seiki est simple, Johannes dit souvent que les enfants savent le faire plus facilement que les adultes. Pour autant transmettre cette simplicité, cette essence, exige une rigueur, une humilité et une clarté d’esprit encore rare. Kyoko Sensei l’enseigne merveilleusement, insistant sur la simplicité, l’importance de se donner du temps, de se détacher du résultat, de laisser de la place à son partenaire, le laisser respirer. Elle rappelle que, en recherche de nouvelles techniques, « on en oublie les choses simples ».

Ce que le séminaire Seiki au Japon m’a apporté

Presque 2 mois sont passées depuis mon retour du Japon

Premier constat : je suis en bonne forme alors que l’automne écrase le moral de tant de personnes. Je prends soin de moi avec une certaine facilité, j’écoute mes besoins sincères, je définis mon territoire et ses limites avec plus de clarté. Ceci est une réelle avancée et un soulagement après une année tumultueuse.

Second constat : je me sens apaisée et sereinement heureuse, j’ai pardonné beaucoup à moi et aux autres, j’ai lâché certains vieux rêves qui ne me correspondaient plus et m’alourdissaient. Je me sens ouverte, confiante, fièrement plantée dans mes deux pieds, bien dans ma peau, libre et légère. Je m’affirme plus aisément qu’avant, mon intuition et mon ressenti sont clairs, j’accepte mieux les critiques.

Troisième constat : Seiki est une porte qui dérange le monde du shiatsu en Europe, peut-être parce qu’il est inclassable. Kishi a poussé les murs et se moquait des cases, il faisait son truc, il s’amusait comme un enfant. Il n’est pas évident d’accepter la nature libre de Seiki, son étonnante complexité au sein même de sa simplicité, et inversement. Seiki ne peut se comprendre avec la tête, on y perdrait l’essentiel. Seiki se vit, et pour l’heure j’y trouve mon compte.

Quatrième constat : Seiki c’est aussi une communauté d’enfants terribles, de nomades, d’explorateurs, qui aiment se retrouver dans différents lieux, diverses cultures, paysages, saisons, langues et pays, pour le plaisir de pratiquer le « sentir », de partager des pleurs et des rires, de discuter, d’échanger autour d’un verre ou d’un bon repas, de chanter, de pratiquer. Seiki c’est un peu la cour de récré, du hors-les-murs : il y a des affinités, des clans, des certitudes qui se forment et se déforment, des nouveaux et des anciens, des jeunes et des vieux, du n’importe-quoi, du très sérieux, des gardiens et des rebelles, des traditionalistes et de nouvelles vagues, des égarés. Et moi là-dedans j’aime un peu tout et tout le monde, comme je peux, parfois je me cache et parfois j’ose. La vie quoi.

Cinquième constat : pas besoin de choisir entre shiatsu et seiki. Les deux peuvent s’accompagner, pour moi ils sont comme les deux faces d’une même pièce. J’ai constaté que certains praticiens de shiatsu qui venant découvrir seiki en atelier étaient déstabilisés par la simplicité et l’absence de faire. En réalité, ça ne remet en question que ce que l’on a appris de la pratique, pas la pratique en soi. Seiki peut ouvrir de nouveaux espaces d’explorations en shiatsu.

Namikoshi est le créateur en 1940 du Japan Shiatsu College à Tokyo, la première école officielle et reconnue de shiatsu professionnel. Il est aujourd’hui encore considéré comme un des maîtres-enseignants majeurs de shiatsu moderne avec Shizuto Masunaga. Ce poème est célèbre partout au Japon.

Je pensais aussi devoir faire ce choix, et cela me mettait mal à l’aise. Depuis j’ai pratiqué, étudié, rencontré des étudiants de toute l’Europe, et j’explore sans me limiter, à la recherche de mon mouvement originel. Seiki est si essentiel, qu’il nourrit et donne une nouvelle inspiration à tant de personnes qui ont perdu le contact avec leur être profond. J’ai vu venir dans les ateliers des artistes, des praticiens d’arts martiaux, des kinésithérapeutes… À ma connaissance la majorité y trouve une résonance, des territoires oubliés en eux-mêmes qu’ils recontactent avec plaisir.

Après ma rencontre avec Seiki en 2017, puis en m’intéressant aux recherches d’Akinobu Kishi aux sources du shiatsu et des arts thérapeutiques japonais, en pratiquant, en allant en terre nippone, ma définition du shiatsu s’est ouverte, comme je me suis ouverte à ses formes diverses en Europe.

Peut-être qu’en fixant des codes de shiatsu trop rigides, on a perdu des éléments essentiels à son efficacité et à son harmonie. Peut-être que Tokujiro Namikoshi, bien avant son élève Kishi et la voie qu’il a ouverte avec Seiki en 1979, l’avait compris. Voilà, selon moi, le lien subtil entre shiatsu et seiki.

Pour en savoir plus :

Le livre Seiki, la vie en résonance, par Akinobu Kishi et Alice Whieldon

Le groupe Facebook Seiki en France, pour connaître les prochaines dates françaises

Le site Seiki Lille, régulièrement réactualisé avec les nouvelles dates d’atelier

Mes derniers articles sur Seiki :

Retour des Rencontres Internationales du Seiki 2018

Prochaines dates Seiki à Lille avec Frans Copers : Du 17 au 19 avril 2020 (COMPLET- liste d’attente ouverte) –> prochaine date dans les mêmes conditions du 9 au 11 oct 2020, LES RÉSERVATIONS SONT OUVERTES via SeikiLille@gmail.com

« Chance ou malchance ? Qui peut le savoir ? »

Conte de sagesse taoïste, librement emprunté à Charles Brulhart, metafora.ch

« Un vieux paysan chinois possédait un cheval d’une rare puissance et d’une telle beauté que les plus riches du pays lui en avaient offert de fortes sommes.

– Jamais je ne le vendrai, répondait le vieux paysan. Je l’aime comme mon fils.

Un jour, il se rendit comme à l’écurie et trouva la porte ouverte, le licol cassé. Son cheval avait disparu. Son fils et ses voisins partirent à sa recherche, sans succès.

– Tu n’as pas de chance, dit son voisin. Ton unique bête et la voilà perdue.

– Est-ce une chance, est-ce une malchance, qui peut le dire ? dit le vieux paysan.

Quelques jours plus tard il découvrit devant sa ferme une douzaine de chevaux sauvages. Son cheval les avait attirés derrière lui en revenant du fond de la plaine où il s’était enfui. Voyant cela, son voisin lui dit:

– Tu as de la chance, te voilà propriétaire de toutes ces bêtes.

– Est-ce une chance est-ce une malchance, qui peut le savoir ? répondit le paysan.

Son fils, en dressant les chevaux sauvages, tomba et se brisa net les deux jambes.

– Tu n’as pas de chance, lui dit son voisin. Ton fils va être immobilisé pour longtemps alors que tu en as grand besoin pour te seconder.

– Est-ce une chance, est-ce une malchance, dit le paysan. Qui peut le dire ?”

Quinze jours plus tard, une troupe de soldats et d’officiers fit irruption dans le village et enrôlèrent de force tous les jeunes gens valides pour partir faire la guerre. Tous, sauf le fils du paysan qui n’était pas encore guéri. Son voisin lui dit:

– Tu as de la chance, ton fils ne doit pas partir faire cette sale guerre. On ne sait pas dans quel état nos enfants vont en revenir.

– Est-ce une chance, est-ce une malchance, dit le paysan. Qui peut le savoir ?”

Quelques mois plus tard la guerre s’acheva. Certains n’en revinrent pas. Mais d’autres rentrèrent, couverts de gloire et chargés d’un riche butin de guerre.

– Tu n’as pas de chance, dit le voisin, ton fils n’est pas revenu riche de la guerre.

– Est-ce une chance est-ce une malchance ? Qui peut le dire ? dit le vieux paysan.

« Richesse vite accumulée, richesse vite dilapidée » dit le proverbe. Et la misère réapparut, encore plus dure à supporter suite à une période d’abondance.

– Tu as de la chance, dit le voisin. Ton fils n’est pas rentré riche de la guerre, mais il n’est pas tombé dans cette misère noire et démoralisante où sont en train de sombrer nos propres enfants.

– Est-ce une chance, est-ce une malchance, dit le vieux paysan? Qui peut le savoir…« 

Version pdf et audio de ce conte disponible ici sur le formidable site de Charles Brulhart

« La vraie nature du shiatsu » – article traduit

L’article qui suit a été rédigé par Shin Tai International, un centre de formation en shiatsu situé en Pennsylvanie (États-Unis). Il rassemble formidablement les réflexions de beaucoup de shiatsushis (praticiens en shiatsu) modernes, alors que le shiatsu se développe en occident depuis les années 1950, qu’il se professionnalise et cherche la reconnaissance du grand public et des officiels : le shiatsu est avant tout une expérience du toucher, et cette caractéristique contient déjà un extraordinaire potentiel de guérison, au sens large et holistique du terme. Plongée au coeur du shiatsu.

« Les livres de shiatsus donnent des listes de maux et symptômes que le shiatsu peut soigner. Mais au final, est-ce que le shiatsu soigne réellement ces maux? Et considérer et pratiquer le shiatsu depuis cette perspective nous permet-il d’accéder à son plus formidable potentiel?

Si une personne suit une voie qui ne résonne pas avec sa nature véritable, sa capacité à créer et s’exprimer est souvent grandement diminuée. Le shiatsu est souvent pratiqué guidé par cette dynamique; au lieu de profiter totalement de l’unique capacité du toucher, il a tendance à être abordé depuis un cadre spécialisé et conceptuel qui n’est pas aligné avec sa véritable nature.

Durant ces dernières décennies, le shiatsu est souvent utilisé d’une façon qui essaie d’imiter la pratique de l’acupuncture et d’autres approches thérapeutiques occidentales, de manière à trouver le respect de la communauté médicale et du grand public. Mais tout comme une personne qui essaie d’imiter une autre afin de « s’améliorer », cette méthode ne va pas seulement à l’inverse de l’effet prévu, elle passe aussi à côté de l’opportunité d’utiliser l’unique capacité du shiatsu: apporter des changements au niveau de la couche la plus primitive du système d’information. Plutôt que de se spécialiser à ajuster les fonctions des méridiens, organes et systèmes du corps, le shiatsu est plus puissant quand il va dessous ces niveaux pour s’adresser à l’énergie fondamentale, ou le ki, du corps.

acupuncture

“Au lieu de se spécialiser à ajuster les fonctions des méridiens, organes et systèmes du corps, le shiatsu est plus puissant quand il va dessous ces niveaux pour s’adresser à l’énergie fondamentale, ou le ki, du corps.”

Nous ne faisons pas de la chirurgie, de l’acupuncture, de l’ostéopathie ou de la chiropraxie. Ce sont des thérapies valables qui ont chacune des effets thérapeutiques uniques sur le corps. Mais en shiatsu, nous travaillons avec le toucher appliqué à l’intérieur de paramètres spécifiques. Que pouvons-nous accomplir de mieux avec ce type de travail du corps? Afin d’accéder réellement au vrai pouvoir de transformation du shiatsu et du shin tai (une forme de shiatsu qui utilise les Vaisseau Gouverneur et Vaisseau Conception comme les moyens premiers d’évaluation et de traitement), nous devons comprendre l’origine et la nature du toucher.

Le toucher et sa réponse tactile est le sens le plus basique de la cellule primitive. Le toucher fait la distinction entre la cellule et son environnement à travers les réponses de la membrane cellulaire. La membrane enregistre des changements dans sa composition chimique via lumière, vibration et pression.

Le toucher contient l’information de tous les autres sens. Par exemple, les particules d’une substance ont besoin de « toucher » les neurones récepteurs du système olfactif dans la cavité nasale pour pouvoir être détectées comme odeur. Lorsqu’un son est émis, les ondes sonores en vibration qui sont créées ont besoin de toucher et faire vibrer le tympan afin d’être entendues. Le toucher est un facteur dans toutes les expériences sensorielles, et la pression est le moyen par lequel il est discerné.

shiatsu healing

Parce que le toucher et le sens le plus primaire de la cellule primitive, il est le moyen le plus puissant de restaurer la force de vie au coeur du corps. Et parce que le toucher appliqué est la caractéristique première du shiatsu (ndlr : shiatsu veut dire « pression avec les doigts »), ce type d’approche corporelle a un potentiel formidable pour apporter des changements au niveau du corps. Plutôt que d’essayer d’imiter d’autres méthodes thérapeutiques (telles que l’acupuncture) en introduisant plus de complexité et en se focalisant sur du diagnostic spécialisé et des stratégies de traitements, nous pouvons plutôt amplifier les possibilités transformatrices uniques de notre travail, en l’utilisant de manière alignée avec sa nature profonde. En se focalisant sur l’utilisation du shiatsu pour restaurer l’énergie de vie première via le toucher, nous pouvons libérer son plus grand potentiel.

Si vous lisez cet article, vous pratiquez probablement une approche corporelle. Cela signifie que vous avez une affinité avec ce type de soin. Plutôt que d’étudier pour devenir médecin, chiropracteur, acupuncteur, etc.. vous avez choisi d’apprendre cette approche corporelle. Vous êtes attiré par l’utilisation du toucher en tant que moyen d’écoute, de guérison et de transformation parce que ça convient à votre nature. Unifier votre propre nature avec celle du shiatsu vous offre une opportunité extraordinaire d’apporter une expérience élargie de liberté et de créativité à ceux qui viennent à vous chercher la santé. »

L’article original (en Anglais) de Shin Tai International est accessible ici. 

 Traduction française (avec toutes mes excuses pour l’approximation…), Julie Clément

La Mort et l’Éternel, lecture d’ Eckhart Tolle

Eckhart Tolle est un formidable enseignant, proposant à travers ses écrits d’accéder à une voie spirituelle riche, essentielle, universelle, mature. Ce texte, La Mort et l’Éternel, écrit et lu par Eckhart Tolle lui-même dans la vidéo disponible ci-dessous dans sa version originale en Anglais, soutenu par un court-métrage inspirant, nous aide à nous rappeler que la vie est changement, que la forme, y compris notre forme humaine et toutes les histoires que nous y attachons, est fluctuante. Qu’est-ce que la mort? Que pouvons-nous apprendre de la mort? Écoutez, regardez, observez… Les leçons sont dans les silences. 

Une traduction française écrite est proposée dans cet article sous la vidéo. 

La Mort et l’Éternel, texte lu et écrit par Eckhart Tolle

« Lorsque vous marchez dans une forêt qui n’a pas été modifiée ou dans laquelle l’homme n’a pas interféré, vous verrez non seulement de la vie abandonnée tout autour de vous, mais vous rencontrerez aussi des arbres à terre et des plantes en décomposition, des feuilles pourrissantes et de la matière en déclin à chaque pas. Où que vous posez vos yeux, vous verrez la vie autant que la mort. En y regardant de plus près cependant, vous découvrirez que les troncs d’arbres en décomposition et les feuilles pourrissantes, ne donnent pas seulement naissance à de la vie nouvelle, mais sont eux-mêmes pleins de vie. Les micro-organismes travaillent, les molécules se ré-arrangent, la mort ne se trouve nulle part, la métamorphose de la force de vie est là, toujours. Que pouvez-vous apprendre de cela? La mort n’est pas l’opposé de la vie. La vie n’a pas d’opposé. L’opposé de la mort est la naissance. La vie est éternelle. 

Les sages et les poètes de par le monde ont reconnu la qualité onirique de l’existence. D’apparence si solide et réelle, et néanmoins si fugitive qu’elle peut se dissoudre à tout moment. À l’heure de votre mort, l’histoire de votre vie peut tout à fait vous apparaître comme un rêve, cependant même dans un rêve il doit y avoir un fond qui est réel. Il doit y avoir une conscience dans laquelle le rêve se déroule. Autrement il ne serait pas. Cette conscience, le corps la crée-t’elle? Ou la conscience crée-t’elle le rêve du corps? Le rêve d’un quelqu’un? Pourquoi la plupart de ceux qui ont connu une expérience de mort imminente n’ont-ils plus peur de la mort? Réfléchissez à ceci.  

Bien sûr vous savez que vous allez mourir, mais ceci reste un simple concept mental jusqu’à ce que vous rencontriez la mort en personne pour la première fois, à travers une maladie grave, ou un accident qui vous arrive à vous ou à une personne qui vous est proche, ou avec le décès d’une personne aimée, la mort entre dans votre vie en tant que conscience de votre propre mortalité. La plupart des gens s’en détournent par peur, mais si vous ne l’évitez pas et que vous faîtes face au fait que votre corps est éphémère, et pourrait se dissoudre à tout moment, il arrive un niveau de désidentification, même léger, de votre propre forme physique et psychologique, le Moi. Lorsque vous voyez et acceptez la nature impermanente de toute forme de vie, un étrange sentiment de paix vous arrive. À travers l’expérience de la mort, votre conscience se libère dans une certaine mesure de l’identification à la forme. Voilà pourquoi dans certaines traditions bouddhistes, les moines visitent régulièrement la morgue pour s’asseoir et méditer parmi les corps morts. Il y a encore un déni de la mort très répandu dans la culture occidentale, même les personnes âgées essaient de ne pas en parler ou d’y penser, et les cadavres sont cachés. Une culture qui dénie la mort devient inévitablement creuse et superficielle, soucieuse seulement de la forme extérieure des choses. Avec le déni de la mort, la vie perd de sa profondeur, la possibilité de se connaître au-delà du nom et de la forme, la dimension de transcendance disparaît de nos vies, parce que la mort est bien l’entrée vers cette dimension.

Les gens ont tendance à être incommodés par les fins, parce que chaque fin est une petite mort. C’est pourquoi dans bien des langages, le mot pour « au revoir » veut dire « on se voit bientôt ». Chaque fois qu’une expérience se termine, les retrouvailles d’amis, des congés, vos enfants quittant le foyer, vous mourrez d’une petite mort. Une forme qui apparaissait dans votre conscience, tout comme cette expérience, se dissout. Souvent ceci laisse une sentiment de vide que la plupart des gens essaient au maximum de ne pas sentir, de ne pas faire face. Si vous pouvez apprendre à accepter et même accueillir les fins dans votre vie, vous trouverez que la sensation de vide qui était initialement ressentie comme inconfortable, se transforme en un sentiment de grâce intérieure profondément apaisant. En apprenant à mourir chaque jour ainsi, vous vous ouvrez à la vie. 

La plupart des gens trouvent dans leur identité, le sentiment de Soi, quelque chose d’incroyablement précieux qu’ils ne veulent pas perdre. C’est pourquoi ils ont tant peur de la mort. Cela semble inimaginable et effrayant que Je finisse d’exister, mais vous confondez ce précieux Je avec votre nom et votre forme, et l’histoire qui leur sont associés. Ce Je n’est rien de plus qu’une formation temporaire dans le théâtre de la conscience. Tant que cette forme-identité est tout ce que vous connaissez, vous ne pouvez voir que cette préciosité est votre propre essence, votre plus intime sentiment de Je suis. C’est l’Éternel en vous. Et c’est la seule chose que vous ne pouvez perdre. 

Quelque soit la perte profonde qui peut arriver dans votre vie, telle que la perte d’une possession, de votre foyer, d’un être proche, ou la perte de votre réputation, d’un travail, de capacités physiques, quelque chose en vous meurt. Vous vous sentez diminué dans le sentiment de Qui vous êtes. Il peut aussi y avoir un certain égarement : sans ceci, qui suis-je? Lorsqu’une forme avec laquelle vous vous étiez inconsciemment identifiée comme une part de vous-même s’en va ou se dissout, ce peut être extrêmement douloureux. Cela laisse un trou pour ainsi dire, dans la trame de votre existence. Lorsque ceci arrive, ne déniez ou n’ignorez pas la douleur ou la tristesse que vous ressentez. Acceptez qu’elle est là. Soyez conscient de la tendance de votre esprit à construire une histoire autour de cette perte, dans laquelle vous vous assignez un rôle de victime. La peur, la colère, le ressentiment ou l’apitoiement sur vous-même sont les émotions qui accompagnent ce rôle. Puis devenez conscients de ce qui se tapie derrière ces émotions, autant que derrière ces histoires artificielles, ce trou, cet espace vide. Pouvez-vous faire face à cette étrange sentiment de vide? Et si oui, vous pourriez découvrir que cet espace n’est plus à craindre. Vous pourriez être surpris de la paix qui en émane. Lorsque la mort arrive, lorsqu’une vie se dissout, Dieu, le Sans-forme et le Non-manifesté, brille à travers l’ouverture laissée par la forme en dissolution. Voilà pourquoi ce qui est le plus sacré dans la Vie est la Mort. Voilà pourquoi la paix de Dieu peut venir à vous à travers la contemplation et l’acceptation de la Mort. 

Comme chaque année paraît courte quand passée, comme nos vies sont brèves. Y’a-t’il quoi que ce soit qui ne soit pas soumis à la Naissance et à la Mort? Quoi que ce soit d’Éternel? Considérez ceci : s’il n’y avait qu’une seule couleur, disons le bleu, et que le monde entier et tout en lui était bleu, alors il n’y aurait pas de bleu. Il y a besoin de quelque chose de non-bleu afin que le bleu puisse être reconnu. Sinon il ne ressortirait pas, il n’existerait pas. De la même façon, n’y-a t’il pas nécessité de quelque chose de non-bref et de non-impermanent, pour que la brièveté de toutes choses nous apparaisse? En d’autres mots, si tout, vous inclus, étiez impermanents, le sauriez-vous? Est-ce que le fait que vous soyez conscient et puissiez assister à la nature courte de la vie de toutes formes, vous-même inclus, ne signifie pas qu’une part de vous est non-sujette au déclin? Lorsque vous avez vingt ans, vous savez que votre corps est fort et vigoureux. Soixante ans plus tard, vous savez que vous corps est affaibli et vieux. Vos idées aussi peuvent avoir changées de celles que vous aviez à vingt ans. Mais la conscience que votre corps est jeune ou vieux ou que votre pensée a changé, n’a subi aucun changement. Cette Connaissance est l’Éternel en vous, la Conscience elle-même. C’est la Vie Sans forme. Pouvez-vous la perdre? Non. Parce que Vous Êtes Elle.  

Certaines personnes deviennent profondément apaisés et lumineux juste avant leur mort, comme si quelque chose brillait à travers leur forme en dissolution. Parfois des personnes très malades ou âgées deviennent presque transparents pour ainsi dire, dans les dernières semaines, mois, ou voire années de leurs vies. Alors qu’ils vous regardent, vous pouvez voir de la lumière briller à travers leurs yeux. Il n’y a plus de souffrance psychologique. Ils ont renoncé, et donc leur personne, ce Moi égotiste et artificiel, s’est déjà dissout. Ils sont morts avant d’être morts, et ont trouvé la profonde paix intérieure qu’est la réalisation du non-mortel en eux-mêmes. 

Avec chaque accident ou désastre il y a une dimension de rédemption potentielle dont nous sommes généralement inconscients. L’énorme choc de la mort inattendue et imminente peut avoir l’effet de pousser votre conscience complètement hors de l’identification avec la forme. Dans les derniers moments avant la mort physique, alors que vous mourrez, c’est une expérience de vous-même en tant que conscience libre de forme. Soudain il n’y a plus de peur, juste de la paix et la certitude que tout est bien, et que la mort n’est que la dissolution d’une forme. Alors la Mort est reconnue comme illusoire au bout du compte, aussi illusoire que la forme avec laquelle vous vous étiez identifié. 

La Mort n’est pas une anomalie, ou le plus terrible des évènements comme notre culture moderne peut nous avoir fait croire, mais la chose la plus naturelle au monde, inséparable et toute aussi naturelle que son autre polarité, la Naissance. Rappelez-vous de ceci lorsque vous vous asseyez auprès d’une personne mourante. C’est un grand privilège et un acte sacré d’être présent à la mort d’une personne en tant que témoin et compagnon.  Lorsque vous vous asseyez avec une personne mourante, ne déniez aucun aspect de cette expérience, ne déniez pas ce qu’il se passe, et ne déniez pas vos ressentis. La reconnaissance qu’il n’y a rien que vous puissiez faire peut vous faire sentir impuissant, triste ou en colère. Acceptez ce que vous ressentez. Puis allez un pas plus loin. Acceptez qu’il n’y a rien que vous puissiez faire, et acceptez-le entièrement. Vous n’avez pas le contrôle. Abandonnez-vous profondément à tous les aspects de cette expérience. Vos ressentis, tout comme toute douleur et inconfort que la personne mourante peut expérimenter. Votre état de renoncement conscient et le calme qui l’accompagne peut grandement assister la personne en train de trépasser et faciliter sa transition. Si des mots sont demandés, ils viendront du silence en vous, mais ils seront secondaires. Avec la tranquillité, vient la bénédiction, la Paix. »

Traduction française – Julie Clément // Texte original retranscrit ci-dessous

La Mort et l’Éternel, texte lu et écrit par Eckhart Tolle

TEXTE ORIGINAL (EN ANGLAIS) D’ECKHART TOLLE

« When you walk through a forest which has not been changed or interfered with by men, you will see not only abandoned life all around you, but you will also encounter falling trees and decaying plants, rotting leaves and decomposing matter at every step. Wherever you look, you will find life as well as death. Upon closest look however, you will discover that decomposing tree trunks and rotting leaves, not only gives birth to new life, but are full of life themselves. Micro-organisms are at work, molecules are rearranging themselves, so death isn’t to be found anywhere, there is always the metamorphosis of life force. What can you learn from this ? Death is not the opposite of life. Life has no opposite. The opposite of death is birth. Life is eternal. 

Sages and poets throughout the ages have recognized the dreamlike quality of the existence. Seemingly so solid and real, and yet so fleeting that it could dissolve at any moment. At the hour of your death, the story of your life may indeed appear to you like a dream, yet even a dream there must be an essence that is real. There must be a consciousness in which the dream happens. Otherwise it would not be. That consciousness, does the body create it? Or does consciousness create the dream of body? The dream of some-body? Why did most of those who went into a near-death experience lose their fear of death? Reflect upon this. 

Of course you know you are going to die, but that remains a mear mental concept until you meet death in person for the first time, through a serious illness, or accident that happens to you or someone close to you, or through the passing away of a loved one, death enters your life as the awareness of your own mortality. Most people turn away from it in fear, but if you do not flinch and face the fact that your body is fleeting, and could dissolve at any moment, there’s some degree of disidentification, however slight, from your own physical and psychological form, the Me. When you see and accept the impermanent nature of all life forms, a strange sens of peace comes upon you. Through facing death, your consciousness is free to some extent from identification with form. This is why is some buddhist tradition, the monks regularly visit the morgue to sit and meditate among the dead bodies. There’s still a widespread denial of death in the western culture, even old people try not to speak or think about it, and dead bodies are hidden away. A culture that denies death inevitably becomes shallow and superficial, concerned only with the external form of things. When death is denied, life loses its depths, the possibility of knowing who we are beyond name and form, the dimension of the transcendant disappears from our lives, because Death is the opening into that dimension.

People tend to be uncomfortable with endings, because every ending is a little death. That’s why in many languages, the word for « goodbye » means « see you again ». Whenever an experience comes to an end, the gathering of friends, a vacation, your children leaving home, you die a little death. A form that appeared in your consciousness, as that experience, dissolves. Often this leaves behind a feeling of emptiness that most people try hard not to feel, not to face. If you can learn to accept and even welcome the endings in your life, you may find that the feeling of emptiness that initially felt uncomfortable, turns into a sense of inner graciousness that is deeply peaceful. By learning to die daily in this way, you open yourself to life. 

Most people feel their identity, a sense of self, is something incredibly precious that they don’t want to lose. That is why they have so much fear of death. It seems unimaginable and frightening that I cease to exist. But you confuse that precious I with your name and form and the story associated with it. That I is no more than a temporary formation in the theater of consciousness. As long as that form identity is all you know, you are not aware that this precious preciousness is your own essence, you innermost sense of « I am », which is consciousness itself. It is the Eternal in you. And that’s the only thing you cannot lose. 

Whenever any kind of deep loss occurs in your life, such as loss of possession, your home, a close relationship, or loss of your reputation, job, or physical abilities, something inside you dies. You feel diminished in your sense of who you are. There may be also a certain disorientation : without this, who am I? When a form that you had unconsciously identified with as part of yourself leaves you or dissolves, that can be extremely painful. It leaves a hole, so to speak, in the fabric of your existence. When this happens, don’t deny or ignore the pain or the sadness that you feel. Accept that it is there. Be aware of your mind’s tendency to construct a story around that loss in which You are assigned a role of victim. Fear, anger, resentment or self-pity are the emotions that go with that role. Then become aware of what lies behind those emotions, as well as behind the man-made story, that hole, that empty space. Can you face and accept that strange sense of emptiness? If you do, you may find that it is no longer a fearful place. You may be surprised to find peace emanating from it. Whenever death occurs, whenever a life form dissolves, God, the formless and unmanifested, shines through the opening left but the dissolving forms. That is why the most sacred thing in Life is Death. That is why the peace of God can come to you through the contemplation and acceptance of Death. 

How short-lived every human experience is, how fleeting our lives! Is there anything that is not subject to birth and death? Anything that is eternal? Consider this : if there were only one color, let us say blue, and the entire world and everything in it were blue, then there would be no blue. There needs to be something that is not blue so that blue can be recognized. Otherwise it would not stand out, would not exist. In the same way, does it not require something that is not fleeting and impermanent, for the fleetingness of all things to be recognized? In other words, if everything, including yourself, were impermanent, would you even know it? Does the fact that you are aware of and can witness the short lived nature of all forms, including your own, not mean that there is something in you that is not subject to decay? When you are twenty, you are aware of your body to be strong and vigorous. Sixty years later, you are aware of your body as weakened and old. Your thinking too may have changed from when you were twenty. But the awareness that knows that your body is young or old or that your thinking has changed, has undergone no change. That awareness is the Eternal in you, Consciousness itself. It is the Formless One Life. Can you lose it ? No. Because You Are It. 

Some people become deeply peaceful and almost luminous just before they die, as it something shining through the dissolving form. Sometimes it happens that very ill or old people become almost transparent so to speak, in the last few weeks, months or even years of their lives. As they look at you, you may see a light shining through their eyes. There’s no psychological suffering left. They have surrendered, and so the person, the man-made egoïc Me, has already dissolve. They have died before they died, and found the deep inner peace that is the realization of the deathless within themselves. 

To every accident and disaster there is a potentially redemptive dimension that we are usually unaware of. The tremendous shock of totally unexpected imminent death can have the effect of forcing your consciousness completely out of identification with form. In the last few moments before physical death, and as you die, is an experience your self as consciousness free of form. Suddenly, there is no more fear, just peace and in-knowing that all is well, and that death is only a form dissolving. Death is then recognized as ultimately illusory, as illusory as the form you had identified with as Yourself. 

Death is not an anomaly, or the most dreadful of all events as modern culture would have you believed, but the most natural thing in the world, inseparable from and just as natural as its other polarity, Birth. Remind yourself of this when you sit with a dying person. It is a great privilege and a sacred act to be present at a person’s death as a witness and companion. When you sit with a dying person, do not deny any aspect of that experience, do not deny what is happening, and do not deny your feelings. The recognition that there’s nothing you can do may make you feel helpless, sad or angry. Accept what you feel. Then go one step further. Accept that there’s nothing you can do, and accept it completely. You are not in control. Deeply surrender to every aspect of that experience. Your feelings, as well as any pain and discomfort the dying person may be experiencing. Your surrendered state of consciousness and the stillness that comes with it can greatly assist the passing person and ease the transition. If words are called for, they will come out of the stillness within you, but they will be secondary. With the stillness comes the benediction, Peace. « 

Solstice d’hiver

« Nous approchons du seuil de l’hiver. 

La vie est tirée dans le sol, descendant avec indolence dans le coeur d’elle-même. 

Et nous humains animaux naturels sommes appelés à faire de même, l’appel à descendre dans nos corps, dans le sommeil, l’obscurité et les profondeurs de nos propres caves nous entraînant immuablement dans notre moelle.

Mais beaucoup trouvent la descente dans leur propre corps effrayante, craignant les émotions ignorées et les évènements passés qu’ils ont remisées dans un coin sombre d’eux-mêmes, ne voulant pas faire face à ce qu’ils ont soigneusement et durement évités.

L’époque du solstice d’hiver n’est plus célébrée comme elle l’a été, avec la compréhension que cette période de descente dans sa propre noirceur est absolument nécessaire à trouver sa lumière. Cette liberté authentique naît d’accepter grâce au pardon et à l’amour ce par quoi nous sommes passés, et à vaincre l’entrave que le passé a sur nous, rapportant à la surface les trésors précieux de nos cavités les plus noires. 

C’est un temps de repos et de réflexion profonde, un temps pour essuyer l’ardoise et effacer l’ancien afin de pouvoir marcher vers le printemps, prêts à grandir et à sauter sans une montagne poussiéreuse sur le dos et des chaînes autour des chevilles nous attachant aux caves de notre âme. Un temps pour la médecine de l’histoire, du feu, de la nourriture et de l’amour.

Une période de reconnection, de ré-apprentissage et de retrouvailles avec ce que cette saison signifie, l’hiver comme un temps de douceur, d’amour, de renaissance, de paix, et d’allègement, plutôt qu’un temps redouté, déprimant et à éviter. 

La culture moderne enseigne l’évitement au maximum à cette période : alcool, lumières, shopping, surmenage, dépenses inconsidérées, mauvaise nourriture et consumérisme.

Et cependant l’appel à rentrer en soi est si puissant pour quasi toutes les créatures que beaucoup de personnes ont l’impression que quelque chose ne va pas chez eux, que l’hiver est cruel et les laisse avec des sentiments d’abandon et de peur. Alors même que l’hiver est si doux, qu’il nous invite avec patience et calme à rentrer en nous, vers l’obscurité et la mort potentielle de ce que nous étions. Cette traversée, menée avec attention, est essentielle. 

Elle est comme un puissant enseignant qui nous demande d’éveiller notre Ancien ou thérapeute intérieur, nous soutenant avec l’appui du pardon et nous permettant de faire nos deuils, de pleurer, d’enrager, de rire, et de faire face à ce dont nous avons besoin pour nous libérer des liens barbelés entourant nos coeurs, afin de s’ouvrir à la guérison et à la lumière sans être submergés. 

 L’hiver enlève les distractions et le bruit, et nous présente le temps parfait pour se reposer et se retirer dans la matrice avec amour, apportant chaleur et lumière dans nos coeurs. »

illustration de Jessica Boehman•
•Texte original de Brigit Anna McNeill• •Traduction de Julie Clément•

 

Publication originale

Texte original :

We are approaching the threshold of winter.
Life is being drawn into the earth, painlessly descending down into the very heart of herself. 
And we as natural human animals are being called to do the same, the pull to descend into our bodies, into sleep, darkness and the depths of our own inner caves continually tugging at our marrow. 
But many find the descent into their own body a scary thing indeed, fearing the unmet emotions and past events that they have stored in the dark caves inside themselves, not wanting to face what they have so carefully and unkindly avoided. 
This winter solstice time is no longer celebrated as it once was, with the understanding that this period of descent into our own darkness was so necessary in order to find our light. That true freedom comes from accepting with forgiveness and love what we have been through and vanquishing the hold it has on us, bringing the golden treasure back from the cave of our darker depths.
This is a time of rest and deep reflection, a time to wipe the slate clean as it were and clear out the old so you can walk into spring feeling ready to grow and skip without a dusty mountain on your back & chains around your ankles tied to the caves in your soul. 
A time for the medicine of story, of fire, of nourishment and love.
A period of reconnecting, relearning & reclaiming of what this time means brings winter back to a time of kindness, love, rebirth, peace and unburdening instead of a time of dread, fear, depression and avoidance. 
This modern culture teaches avoidance at a max at this time; alcohol, lights, shopping, overworking, over spending, bad food and consumerism. 
And yet the natural tug to go inwards as nearly all creatures are doing is strong and people are left feeling as if there is something wrong with them, that winter is cruel and leaves them feeling abandoned and afraid. Whereas in actual fact winter is so kind, yes she points us in her quiet soft way towards our inner self, towards the darkness and potential death of what we were, but this journey if held with care is essential.
She is like a strong teacher that asks you to awaken your inner loving elder or therapist, holding yourself with awareness of forgiveness and allowing yourself to grieve, to cry, rage, laugh, & face what we need to face in order to be freed from the jagged bonds we wrapped around our hearts, in order to reach a place of healing & light without going into overwhelm. 
Winter takes away the distractions, the noise and presents us with the perfect time to rest and withdraw into a womb like love, bringing fire & light to our hearth.
Winter takes away the distractions, the noise and presents us with the perfect time to rest and withdraw into a womb like love, bringing fire & light to our hearth.

•illustration by Jessica Boehman•
•words Brigit Anna McNeill•

Illustration de Jessica Broehman