Retour des rencontres internationales du Seiki 2018

Seiki berce ma vie depuis mon premier atelier à Paris en février 2017. Catherine Dompas m’y a introduit, et la vague m’emmène depuis en des territoires insoupçonnés.

« Qu’est-ce que Seiki ? »

Sei-ki se traduit généralement par « Accompagnement de l’énergie universelle ». C’est une pratique d’origine japonaise, qui consiste à partager l’énergie avec un partenaire sur un futon. Ce qui nous traduisons généralement par énergie, le Ki, correspond à un principe très populaire dans les cultures traditionnelles, et trop oublié en Occident. Le Ki est aussi l’Espace, le Temps, l’Invisible, l’Inconscient, et bien d’autres notions. L’étude et l’exploration du Ki passionne depuis toujours les nippons à travers notamment les arts martiaux, et a transformé plus récemment les cultures de l’ouest. Sentir le Ki s’apprend sans difficulté, il est là partout et tout le temps, prenant naturellement diverses formes et sculptant la matière de l’intérieur et de l’extérieur. Que nous en soyons conscients ou non, nous sommes en lui, il est en nous.

Seiki avec Kyoko Kishi, Papendal 2018
Crédit photo : Alexandra Gelny

On pourrait dire que les Français sont célèbres pour aimer partager le Ki à table, dans un stade, une salle de spectacles… Ce sont des expériences transformatrices et variées que nous apprécions et qui rythment nos vies. Seiki procède de la même façon : partager un moment ensemble sur un futon. Se rencontrer, respirer ensemble, parfois bouger ensemble, accueillir ce qui vient, éventuellement toucher, observer ce qui est, accompagner le mouvement, l’esprit calme et serein, sans volonté de changer ou de bien faire. Seiki est libre et ramène à l’essentiel de la vie.

Nous étions 48, venus de 15 pays, anciens et nouveaux étudiants, certains découvrant Seiki pour la première fois. Seiki est très accessible et se transmet sans fioritures et principes complexes, à travers des démonstrations, échanges et discussions conviviales. L’espace que la communauté crée est très libre, et invite à revenir à son propre mouvement originel. Certains sont expansifs, d’autres réservés, tout est bienvenu, tout est ok. J’aime Seiki pour son universalité, sa non-technique, l’inattendu, les rires, les pleurs, les cris et les silences qu’il permet de laisser émerger. Aucune pression, aucune volonté, chacun prend soin de lui-même comme il l’entend. Les formes et combinaisons sont infinies. Le protocole est discret, quelques mouvements de base peuvent éventuellement aider le corps et la respiration à se laisser aller, le reste se fait par soi-même avec ce qui se présente.

Iyasaka Fifuminorito, transmis par Akinobu Kishi et guidé par Felix Bindernagel

La pratique aime s’accompagner du chant de divers Norito, de la lecture de poèmes, de l’étude ancestrale du son et de la voix, étonnant voyage dans le monde des vibrations. Le programme s’est développé tranquillement, assaisonné d’anecdotes et des talents des participants : Alexandra (Vienne) et son travail sur les mères et nourrissons, Nik (Londres)  et son approche de la douleur, Bill (New York) et sa transmission très personnelle du ressenti du Ki, Catherine  (Montpellier) et les 5 mouvements régénérateurs, Jürg (Bâle) à la flûte envoûtante, Keith (Aberdeen) et ses exercices matinaux de Katsugen Undo, Felix et le chant des norites, Kyoko Kishi transmettant sa vision simple et gracieuse de Seiki.

En quelques heures, j’ai eu la chance exceptionnelle de travailler avec Lundhup Droyültshang de Suisse, Johannes Heinzerling d’Utrecht, Belen de Barcelone, Cyril découvrant émerveillé la beauté de Seiki, ainsi les enseignants et maîtres Keith Stewart, Paul Lundberg et Kyoko Kishi.

Les Rencontres 2018, 6ème édition, furent un moment de grande joie et de partages généreux, loin des fédérations, des diplômes et des dogmes. Seiki m’a ouvert à plus de liberté et d’empathie dans ma vie et dans mon approche du shiatsu, plus de compassion et d’authenticité, un ancrage puissant associé à une main chaleureuse et légère.

Akinobu Kishi disait que Seiki est une rencontre Heart to Heart, Mind to Mind (« Coeur à Coeur, Esprit à Esprit »). La rencontre en elle-même, au-delà du toucher, crée un espace unique entre 2 individus. Seiki est l’écoute attentive et joyeuse de cet espace, un moment après l’autre. Il en ressort une joie profonde, le bonheur de se retrouver et d’être entendu, sans obligation ni restriction de gestes ou de mots.

Venez découvrir Seiki à Lille, en toute simplicité, lors d’ateliers ou de traitements individuels.

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Au plaisir de vous rencontrer,

Julie

Kyoko Kishi entourée des participants aux Rencontres du Seiki, Papendal 2018

Sérénité

Aujourd’hui, prenons un moment pour honorer nos ratés, les objectifs que nous n’arrivons pas à atteindre, ce que nous n’arrivons pas à dire, nos colères nos peines et nos peurs, réelles ou imaginaires, ce que nous ne maîtrisons pas, ce qui nous fait défaut, ce que nous n’avons pas reçus, ce que nous avons reçus sans le vouloir, ce que nous ne parvenons pas à pardonner, ce que nous ne parvenons pas à nous pardonner à nous-même, ce que nous aimerions pouvoir effacer, et rappelons-nous que derrière les nuages il y a toujours le ciel bleu.

Aujourd’hui je souffle doucement sur les nuages, je les accompagne un moment, je les laisse m’emporter. Aujourd’hui je m’aime en entier, je me pardonne d’être moi, un poids, une imperfection, un gros bouton. Je me laisse exister en entier, heureuse même défectueuse. Je profite de ce sourire moqueur émergeant de mes tréfonds, je le laisse me dérider à m’en faire mal aux joues. Je me pardonne d’avoir subi, je me pardonne d’avoir perpétré, je me pardonne de parfois m’égarer, épuisée, au bout.

Ce gros bouton, vu par un autre, est une fleur parfaite, timide au matin, éclatante à midi, et flétrie le soir. Absolument parfaite, et aimée pour ce qu’elle est, un instant d’éternité.

Aujourd’hui j’arrive à dire Je m’aime et Je suis belle autant que Je t’aime et Tu es beau, et je vois qu’il est impossible de me laisser aimer sans m’aimer moi-même. Puissiez-vous vous aimer aussi très fort ❤

Belle journée à vous tous, fleurs d’un jour et boue de demain.

Julie

Toussaint et fête des morts

Il y a quelques années la Toussaint était pour moi un jour comme les autres, avec un vague respect pour la tradition, une éventuelle visite familiale au cimetière. Et puis j’ai participé à ma première « Soirée sur les morts » avec Jean-Marc Leclercq. Ce dernier propose cette soirée conviviale chaque année autour du 31 octobre, afin que les invités aient l’occasion de partager librement leurs expériences, visions, rapports avec la mort, parler du deuil, évoquer leurs difficultés, se rappeler les pratiques traditionnelles mises en oeuvre lors d’un décès, et leurs pourquois. Celles et ceux qui le souhaitent peuvent, en fin de la soirée, prier ensemble un instant pour leurs morts.

Cette soirée intime m’a permis de me familiariser avec un thème qui pendant longtemps me mettait mal à l’aise, comme beaucoup d’entre nous. Le sujet est abordé avec tact et douceur, afin que chacun se sente en sécurité et libre de croyances et de pensées. J’ai réalisé au fil de mes années d’exploration intérieure et de rencontres thérapeutiques, que le deuil et les morts traumatiques de la famille et des proches, étaient toujours très présentes dans la vie des vivants, souvent pénibles et lourdes, et que beaucoup ne savent plus comment faire leur deuil et retrouver leur souffle, voire leur envie de vivre. Nous portons tous nos morts dans nos coeurs, et il est essentiel pour notre santé (au sens large) et celle de notre famille, d’être en paix avec la mort.

Cimetière shinto au Japon

Se guérir de la peur de la mort, se sentir en paix avec ses morts, est un chemin extraordinairement riche en enseignements, et avec elle nous touchons au coeur de la vie, du cycle éternel. L’essentiel n’étant pas d’imposer une Vérité sur ce qui se passe après la mort, mais bien d’écouter sincèrement ce qui résonne en soi lorsque l’on pense à notre propre mort ou à un proche décédé, et s’assurer que cette partie de nous est autant que possible détendue et sereine. Cela demande un temps, un moment, pour soi, pour la famille, pour prendre la main à une part de nous, une part de l’autre, qui aurait besoin d’aide. C’est fermer les yeux et respirer ensemble un instant, afin de s’alléger chaque année un peu plus, d’un poids aussi lourd que la perte de l’être aimé était considérable. Une pensée, lorsqu’elle est offerte en pleine conscience et sincérité, peut faire des miracles.

Le rituel proposé, d’inspiration shinto, est simple : « au nord, dresser un petit autel pour prier les morts. Disposer deux bougies en laissant une place au milieu pour y déposer une photographie du ou des défunts (on pourra à défaut y mettre une feuille avec leurs noms). Dans des coupes non métalliques, trois au total, que l’on positionnera à gauche de la bougie de gauche, au centre et à droite de la seconde bougie. Verser de l’eau dans celle de gauche. Déposer des céréales dans celle du milieu et du sel dans la troisième. 

Méthode : 

On allume les bougies.
On se met en position de prière.
On appelle l’âme. On lui envoie des prières, de l’amour, des beaux souvenirs, des images de bonheur.
Ensuite on lui dit au revoir et on lui indique qu’elle doit continuer sa route.
On lui dit au revoir.

On ferme son esprit.
On mouche les bougies.
On claque les mains à hauteur du visage, à gauche, au milieu et à droite. »

Selon le maître de Jean-Marc, Michio Kushi, « faire ce rituel au minimum sur un temps de 7 jours, d’usage, si on réalise ces prières 7×7 jours donc 49 jours, l’âme du défunt retrouve la lumière. »

Cimetière Shinto au Japon, avec une statue de Kannon / Quan Yin, représentant l’amour compassion.

Je vous invite à prendre un moment aujourd’hui pour honorer vos morts, leur souhaiter bon voyage et un repos paisible. Ce peut être en leur apportant une offrande, par exemple une fleur, un voeu de bonheur, une pensée heureuse, tout en profitant du calme d’un cimetière. Je m’étonne chaque année du bien que ça me fait, et des sourires que j’entrevois aux visages de celles et ceux qui prennent le temps de visiter leurs morts au 1er novembre. Ce peut -être aussi un instant chez soi, ou en pleine nature, au détour d’une rêverie, accompagné d’une photo, d’un souvenir. Les enfants aussi sont généralement heureux et rassurés de partager ce moment avec vous. Peut-être même pourront-ils vous aider à vous guérir d’un deuil difficile.

Je vous souhaite que cela vous aide à retrouver une relation saine et respectueuse avec la mort. Elle n’est pas une punition, pour qui apprend à la regarder telle qu’elle est, partie intégrante du cycle de la vie.

Une excellente fête des morts à toutes et à tous

Julie

Crédit photos : Cyril Rouxel

julishiatsu.com

Hado

 » L’étude du hado nous dit que les vibrations énergétiques de nos pensées affectent nos réalités physiques.

En se promenant dans un jardin japonais, chacun peut réellement sentir l’énergie de vie connue sous le nom de Hado. Hado n’est pas simplement présent au Japon, c’est un concept qui existe là-bas depuis des siècles. Les deux caractères japonais qui constituent le mot Hado signifient « vague » et « mouvement » – des mots parfaits pour décrire les vibrations d’énergie qui imprègnent toute vie. Hado est présent dans toutes choses, animées ou inanimées. Il réside partout, même dans l’air et les personnes.

L’étude d’Hado nous dit que les vibrations énergétiques de nos pensées affectent nos réalités physiques. Chacun de nous a la capacité de manifester une intention spécifique à travers l’hado que nous projetons – depuis faire briller nos bijoux à changer l’atmosphère d’une pièce remplie de personnes jusqu’à transformer l’hado d’un espace vide. Toutefois, nous sommes souvent inconscients que nos pensées créent des vibrations dans le monde extérieur à nos pensées. Une fois que nous savons que c’est bien le cas, nous pouvons devenir plus éveillés de notre schéma de pensées négatif et nous entraîner à rester positifs et penser avec intention.

Donner un merci à un repas avant de le manger change l’énergie de notre nourriture. Exprimer de la gratitude en pensées ou en mots fait une grande différence pour le donneur et le receveur car nous leur envoyons hado. Un sourire aimable peut faire une réelle différence lorsque nous travaillons en conscience avec hado. Une fois que nous sommes éveillés au pouvoir du hado, nous pouvons créer des changements positifs dans tous les domaines de notre vie : notre espace physique, notre santé mentale et émotionnelle, nos relations, et nos affaires. L’un des principes les plus importants de hado est de maîtriser nos pensées et nos intentions chaque jour. Appréciez les améliorations que vous allez créer dans votre vie et le monde qui vous entoure en travaillant en conscience avec hado. »

Madisyn Taylor, Extrait de DailyOM

Traduction française de Julie Clément

 

Hado

BY MADISYN TAYLOR

The study of hado tells us that the energetic vibrations from our thoughts affect our physical realities.

Walking through a Japanese garden, one truly feels the life force energy that is known as Hado. Hado isn’t just present in Japan, but it is a concept that has existed in Japan for centuries. The two Japanese characters that make up the word Hado mean « wave » and « move » – perfect words to describe the energy vibrations that permeate all life. Hado is present in all things, animate and inanimate. It resides everywhere, even in the air and in people.

The study of hado tells us that the energetic vibrations from our thoughts affect on our physical realities. Each of us has the ability to manifest a specific intention through the hado that we send out – from making our jewelry shine to changing the atmosphere of a room full of people to transforming the hado of an empty space. However, we are often unaware that our thoughts are creating vibrations in the world outside our minds. Once we know that this is the case, we can become more aware of our negative thinking and train ourselves to stay positive and think with intention.

Giving thanks for a meal before we eat can change the energy of our food. Expressing gratitude by thoughts or words makes a huge difference to both the giver and recipient because you are sending them hado. A kind smile really makes a difference when you work consciously with hado. Once we become aware of the power of hado, we can create positive changes in every area of our lives: our physical space, mental and emotional health, relationships, and businesses. One of the most important principles of hado is to monitor your thoughts and intentions every day. Enjoy the improvements that you will create in your life and the world around you by consciously working with hado.

« Méditation : une révolution dans le cerveau »

Le 16 mai dernier l’émission Enquête de Santé sur France 5 diffusait un reportage intitulé Méditation : une révolution dans le cerveau

Alors que le film « Voyage en pleine conscience – dans les pas de Thich Nhat Hanh » sort en salles le 16 juin, revenons sur une (re)découverte dont l’essor est en train de transformer le monde et de redéfinir la spiritualité, j’ai nommé la pratique de la méditation.

« S’asseoir confortablement, fermer les yeux et focaliser toute son attention sur sa respiration : c’est le principe de la méditation de pleine conscience, pratique ancestrale, remise au goût du jour, qui fait de plus en plus d’adeptes en France et se trouve à l’origine d’une révolution médicale. À l’hôpital, elle est utilisée dans l’accompagnement des douleurs chroniques, pour lutter contre la dépression ou encore pour mieux tolérer les traitements contre le cancer. Capable de modifier le fonctionnement du cerveau, la méditation est une thérapie à part entière. Comment fonctionne cette gymnastique du cerveau, qui pourrait agir comme une cure de jouvance et fournir un espoir dans la prévention de certaines maladies ? »

Le documentaire complet ici :

Pour la petite histoire, j’ai découvert la méditation, Vipassana en ce qui me concerne, en Nouvelle-Zélande en 2009. Ma vie s’est transformée depuis, car j’avais enfin à ma disposition un outil à partir duquel oeuvrer à l’intérieur de moi-même. C’est une exploration personnelle qu’on ne peut entreprendre et développer que soi-même. Une crise de vie n’est pas nécessairement à voir comme une mauvaise nouvelle, plutôt une excellente raison et occasion pour rentrer dans la pratique. Rome ne s’est pas faite en un jour, mais il faut bien commencer à poser une première pierre. Un premier pas…

Bon voyage